Le cashflow : plus simple qu’il n’y paraît

Le cashflow est un indicateur financier qui recense les flux de trésorerie entrants et sortants pour une entreprise. Il est utilisé en interne pour piloter la santé financière de l’entreprise et en externe pour évaluer sa valeur...
Écrit par : Bonjour
15/04/2021 - 5 min de lecture
Sujets : Paiement

Parmi les mots qui reviennent constamment dans la gestion de trésorerie, cashflow est probablement le plus présent.

Le cashflow est un indicateur financier qui recense les flux de trésorerie entrants et sortants pour une entreprise. Il est utilisé en interne pour piloter la santé financière de l’entreprise et en externe pour évaluer sa valeur.

Une fois calculé, il permet d’affiner l’analyse financière à travers des ratios obtenus à partir de certains chiffres clés de l’activité.

C’est donc un outil indispensable au gestionnaire d’entreprise.

Mais avant de voir comment vous en servir pour votre gestion, commençons d’abord par définir précisément ce que c’est.

 

Comprendre le cashflow et son utilité

 

Qu’est-ce que le cashflow ?

 

Le cash flow (ou plutôt les cashflows mais nous y reviendrons) va servir d’indicateur financier pour évaluer la santé d’une entreprise. 

Il permet de jauger sa solvabilité et sa situation financière.

Son calcul additionne ou soustrait tous les flux de trésorerie réalisés par une entreprise (toutes les entrées et les sorties de liquidités). Il représente donc l’excédent de trésorerie (ou son absence) créé par l’activité

Cashflow

 

On distingue plusieurs cash flows (flux de trésorerie en français). 

 

Le cashflow from operations (flux de trésorerie d’exploitation), le free cashflow (flux de trésorerie disponible) et le cashflow to equity (flux de trésorerie allant aux personnes ou institutions ayant prêté de l’argent à l’entreprise)

Le cashflow from operations (ou cashflow d’exploitation) est le premier cashflow à calculer pour une entreprise. 

C’est l’indicateur qui représente les résultats opérationnels de l’activité. 

Il permet de mesurer précisément le niveau d’excédent de trésorerie d’une entreprise à un moment donné. Il va être particulièrement utile en interne pour mesurer la performance de l’entreprise

Le free cashflow permet de calculer la trésorerie restante une fois toutes les dépenses nécessaires au développement de l’activité prises en compte. 

Parmi ces dépenses figurent la cession d’actifs, les investissements, le besoin en fonds de roulement et les impôts sur l’exploitation. 

C’est donc la somme restante que les dirigeants de l’entreprise vont pouvoir utiliser librement. Par exemple pour rembourser les dettes de l’entreprise, verser des dividendes ou développer l’activité.

Il permet donc de déterminer la liberté d’action d’une entreprise et sa valeur.

Cet indicateur va plutôt être utilisé par les investisseurs.

Le cashflow to equity prend en compte les impôts ainsi que les variations nettes des emprunts. Il est utilisé dans des cas plus spécifiques et nous ne le développerons pas ici.

Une erreur souvent commise est de confondre le cashflow d’exploitation avec la Capacité d’Autofinancement (CAF) d’une entreprise. 

La capacité d’autofinancement permet de savoir si une entreprise peut financer son cycle d’exploitation sans avoir à recourir à de l’argent extérieur. 

Son calcul se rapproche de celui du cashflow, mais il s’agit d’un flux potentiel. Il ne prend pas en compte les éventuels délais de paiement et les décalages qu’il peut y avoir entre le paiement des factures des clients et celles des fournisseurs (donc le Besoin en Fonds de Roulement)

Définition :

Besoin en Fonds de Roulement : ce sont les liquidités nécessaires pour couvrir le décalage entre les décaissements de l’entreprise (dépenses et charges qu’elle paye pour continuer son activité) et les encaissements (l’argent qui rentre lorsqu’un client paye sa facture)

 

À quoi sert le cashflow ?


Le cashflow agit comme un indicateur de la santé financière de l’entreprise.

Il permet de mesurer les flux de trésorerie qui transitent au sein de l’entreprise, et d’évaluer sa solvabilité. Ce sont les fonds mis en avant par le calcul du cashflow qui permettent à une entreprise de vivre et se développer. 

Plus le cashflow est élevé, plus l’entreprise est en bonne santé, et plus elle a une valeur élevée aux yeux du marché.

 

À quoi sert le cashflow

 

Il indique aussi la capacité que va avoir l’entreprise à financer ses investissements, payer ses dettes et distribuer des dividendes à ses actionnaires.

Connaître le cashflow de votre entreprise va donc être utile dans le pilotage de votre activité.

 

Voici trois bonnes raisons de le calculer :


Tout d’abord, calculer ce chiffre vous permet d’avoir un
coup d’avance sur les éventuels problèmes financiers qui pourraient arriver. 

En gardant un oeil sur la santé économique de votre entreprise, vous détecterez rapidement les problèmes et pourrez prendre des mesures pour les corriger.

Calculer votre cashflow vous permet aussi de faire des économies en prenant conscience des charges inutiles qui appauvrissent votre trésorerie. 

De la même manière, en prenant conscience de l’excédent généré chaque mois par votre activité, vous serez plus à même de l’utiliser pour solidifier votre trésorerie.

Enfin, il est primordial de connaître votre cashflow afin de pouvoir discuter d’égal à égal avec d’éventuels partenaires

Que ce soit pour des institutions financières ou des investisseurs, vos cashflows revêtent une grande importance dans la confiance qu’ils vous accordent. En être conscient en amont et être préparé à se servir de ces chiffres comme argument de négociation (ou pouvoir anticiper les questions sur le sujet) vous donne un avantage dans la discussion.

Mais pour bénéficier de tous ces avantages, encore faut-il savoir comment obtenir votre cashflow ! Passons donc au calcul.

 

Calculer le cashflow d’une entreprise

 

Puisque le cashflow est le résultat de tous les flux de trésorerie entrants et sortants, plusieurs éléments sont nécessaires à son calcul.


Voyons desquels il s’agit :

  • le résultat net : c’est la différence entre les produits et les charges sur l’exercice comptable étudié
  • les dotations nettes aux amortissements et aux provisions : il existe trois catégories de flux qui rentrent dans cette catégorie.
    • les dotations aux amortissements de l’actif : ce sont les dépréciations subies par des éléments de l’actif du fait de leur usure suite à leur utilisation lors de l’exercice comptable (par exemple une machine qui s’abîme, un véhicule à réparer, des locaux à refaire etc…)
    • les dotations aux provisions sur l’élément de l’actif : c’est la perte de valeur probable d’un élément de l’actif suite à des évènements réels identifiés comme pouvant diminuer la valeur de ces éléments (par exemple, cela concerne la perte de valeur d’une créance lorsque il est probable que le débiteur y fasse défaut)
    • les dotations aux provisions pour risques et charges : c’est la dette probable qui arrivera si un événement identifié se réalise (par exemple la future dette à régler si un procès en cours est perdu)
  • les plus-values et moins-values de cession : ce sont les gains ou les pertes causés par la différence entre la valeur d’achat et la valeur de revente d’un actif
  • le besoin en fonds de roulement : comme vu plus haut, ce sont les liquidités dont l’entreprise a besoin pour financer son cycle d’exploitation en prenant en compte les décalages des flux de trésorerie provoqués par les délais de paiement.

Maintenant que tous ces facteurs sont identifiés, il suffit de les additionner ou les soustraire pour déterminer le cashflow d’exploitation :

 

Cash flow d’exploitation = résultat net + dotations nettes aux amortissements et aux provisions – plus-values de cession d’actifs + moins-values de cession d’actifs – variation du Besoin en Fonds de Roulement

 

Pour calculer le free cashflow, il faut prendre en compte les investissements et désinvestissements faits pour maintenir ou développer l’activité. 

 

Voici comment il se calcule :

 

Cash flow disponible (free cashflow) =  excédent brut d’exploitation (EBE) – impôt sur le résultat d’exploitation +/- variation du besoin en fonds de roulement – investissements + désinvestissements

 

Vous savez maintenant calculer le cashflow de votre entreprise !

Voyons désormais ensemble les informations que vous pouvez en obtenir.

 

Savoir interpréter le cashflow


Commençons par le début. 

Si votre cashflow est positif, cela signifie qu’il y a plus d’argent qui rentre qu’il n’y en a qui sort de vos caisses.

Vous avez une trésorerie excédentaire et de l’argent que vous pouvez placer ou utiliser pour payer des dettes ou verser des dividendes à vos actionnaires.

Si en revanche le cashflow est négatif, c’est que votre trésorerie est déficitaire, et ce n’est pas une bonne  nouvelle. 

 

cashflow

 

Il va être nécessaire de réduire les charges de l’entreprise ou de trouver un moyen pour faire entrer plus d’argent dans les caisses.

Comme nous l’avons vu plus haut, le cashflow va aussi vous donner une bonne idée de votre capacité d’autofinancement (CAF). 

Pour connaître votre CAF il faut que vous effectuiez le même calcul mais sans prendre en compte le BFR. Enfin le cashflow est nécessaire pour calculer d’autres ratios utiles au pilotage de l’entreprise.

 

Par exemple les ratios :

 

  • Cashflow/capitaux : donne la rentabilité nette des capitaux propres
  • Cashflow/chiffre d’affaires: indique la rentabilité d’une entreprise
  • Cashflow/dettes : donne la solvabilité de l’entreprise
  • Cashflow/valeur de l’entreprise en bourse : évalue la rentabilité de l’investissement

 

Tous ces ratios vous permettent d’avoir une vision plus précise de la santé financière et de la valeur de votre entreprise.

Ces indicateurs peuvent vous servir de base pour informer vos décisions, effectuer les bons choix stratégiques et développer votre activité.

Pour aller plus loin dans la gestion de votre trésorerie et notamment réduire les délais de paiement et les impayés que vous rencontrez dans votre activité, Soan met vos paiements en pilotage automatique. 

Vous avez donc plus de temps pour vous concentrer sur le développement de votre entreprise.

 

Merci d’avoir pris le temps de lire notre article !

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