Pourquoi se faire recommander quand on est freelance ?

Retours précieux sur son travail, networking, confiance en soi et même source de contenus pour alimenter son personal branding. La recommandation a bien des avantages auxquels on ne pense pas toujours. On fait le tour.
Écrit par : Martin
27/02/2020 - 3 min de lecture
Sujets : Indépendants

La recommandation lorsqu’on est freelance : C’est pour trouver des contrats ? Oui, mais pas que !

 

Retours précieux sur son travail, networking, confiance en soi et même source de contenus pour alimenter son personal branding.
La recommandation a bien des avantages auxquels on ne pense pas toujours. On fait le tour.

« Je n’ai jamais eu à démarcher qui que ce soit pour obtenir un contrat ! » Nicolas, freelance depuis 4 ans, est-il un petit chanceux ou un gros menteur ? « Ni l’un ni l’autre ! », sourit, taquin, ce designer UX de 36 ans. « Depuis que j’ai commencé mon activité en 2016, j’ai travaillé avec des clients que je connaissais déjà par le biais de mon travail au sein d’une agence créative. J’ai d’abord obtenu mes contrats via l’agence, puis, au fur-et-à-mesure, un de mes clients en a parlé à un autre, et ainsi de suite. »

Comme Nicolas, 900.000 personnes en France travaillent comme freelance. Un chiffre qui a explosé ces dix dernières années (+110%). S’ils apprécient de pouvoir travailler à l’heure qui leur convient , et/ou en pilou-pilou depuis leur canapé, la situation n’est pas idéale. Ils sont 69% à admettre avoir des difficultés pour trouver des clients. Presque la moitié d’entre eux déclare manquer d’un réseau pro solide. 29% d’entre eux souffrent de la concurrence. Particulièrement chez les créatifs, rapporte le dernier livre blanc de Creads.

 

« Je l’ai recommandé les yeux fermés. »

 

Dans ces conditions, la recommandation est au freelance ce que le follower à l’influenceur.
Le Graal.

Entrepreneur comme les autres, le freelance doit à la fois jongler sur la vague des opportunités lorsqu’elles arrivent.Anticiper le futur sous peine de se retrouver en période de disette. Bref, pas facile facile tous les jours.

Retour sur Nicolas. Sa situation peut sembler idéale, mais elle est loin d’être le fruit du hasard. Pour son ancien manager, Laurent, 39 ans, continuer à travailler avec Nicolas était une évidence. « Il connaissait parfaitement les demandes des clients et nos exigences en matière de rendu. Pour nous, c’est un gain de temps énorme et aussi la certitude des critères de qualité pour nos clients. Je n’ai d’ailleurs pas hésité à parler de lui, dans mon réseau. Je l’ai recommandé les yeux fermés. »

Frédérique Cintrat est CEO de l’appli de networking Axielle. Interrogée par le blog TourMag.

Elle explique que la recommandation est un lien précieux qui tisse la toile de la confiance entre le freelance et le client.


 « Le socle d’un réseau est le partage de quelque chose en commun, c’est la confiance, dès lors qu’on souhaite recommander quelqu’un ou se faire recommander. Je vais m’engager à appuyer quelqu’un si j’ai pu expérimenter cette personne. » La responsabilité engage donc autant l’une que l’autre partie.

 

Dans cette logique de connexion et de réseautage, la recommandation n’est pas une demande contractuelle. La recommandation est plutôt un moyen d’élargir son cercle entre personnes partageants des valeurs communes. Et la dirigeante d’insister : « Il est important d’identifier pourquoi on adhère à un réseau. Si l’on s’inscrit dans un cercle d’entraide, alors que l’on vient pour faire du business, ça va être compliqué. » Concrètement, s’entraider et recommander la bonne personne au bon moment, oui ! Forcer la relation ou la demande de contrat, non !

 

recommandation freelance

 

Valoriser ses compétences et installer sa niche

 

« Travailler avec des free (freelance). pour moi, c’est l’unique manière de remplir des demandes spécifiques avec des compétences que nous n’avons pas en interne. » Jean-Baptiste, 34 ans, travaille pour une agence média en tant qu’acheteur. Son répertoire est noirci de contacts de freelances « hyper-spécialisés ». « Nous avons des besoins permanents à la pointe des dernières tendances, et il existe finalement peu d’offres sur le marché. Donc, ma team me remonte régulièrement le contact de talents. » Car, pour le manager, il s’agit bien de trouver des talents plus que des exécutants. « Sur notre niche, si nous ne travaillons pas avec les meilleurs, nous perdons une longueur d’avance. »

 

Nathalie est « data architect ». « C’est une branche de la data science. Elle organise les bases de données .
Elle leur donne du sens et de la cohérence. C’est un travail qui peut sembler très abstrait pour la plupart des gens. Pour les entreprises digitales, marketing ou dans la finance, c’est vraiment devenu un must have.
»

 

Elle travaille avec Jean-Baptiste depuis peu. Sur cette niche très prisée par les entreprises. Pour elle, la recommandation est fondamentale : la sensibilité et le caractère confidentiel de certaines données ainsi que la prise de conscience pour la sécurité informatique font que les clients sont très prudents au moment de travailler avec Nathalie. « Il n’est pas rare qu’un nouveau client demande l’avis d’un ancien. Et c’est bien normal ! »

 

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La recommandation comme baromètre d’activité

 

Marie est architecte d’intérieur. A l’inverse de Nicolas, elle n’avait jamais travaillé en CDI avant de devenir freelance. Elle a donc été contrainte dans un premier temps d’accepter des missions hétéroclites. Au point d’avoir besoin de prendre une pause pour se recentrer. « Au bout d’un an d’activité, j’avais fait tout et n’importe quoi : du merchandising pour des boutiques, des aménagements de bureau et quelques make over d’appartements. Sauf que j’ai dû refuser des contrats sur cette dernière partie, celle qui me plaît le plus, parce que j’avais accepté sans réfléchir tout ce qui passait. Après un an, j’ai annoncé à mes clients que je travaillerai exclusivement pour des particuliers. Ils ont compris et ont même fait passer le mot. J’ai obtenu de super contrats et j’ai pu vraiment me recentrer sur ce que j’aime le plus. »

 

Car si les recommandations sont nécessaires et importantes c’est le freelance qui reste maître de son activité, sous peine de se retrouver noyer et de perdre le contrôle. « Lorsque qu’on commence, se souvient Marie, c’est difficile, parce qu’on pense que l’on va manquer de contrats. Alors on prend tout. Un jour, alors que pourtant j’avais vraiment du mal à boucler les fins de mois, j’ai refusé une mission et quelques jours après, on m’en a proposé une qui était plus dans le cœur de ce que je voulais faire. » 

 

 

Se faire recommander quand on est freelance

 

Équilibrer son planning et sa rentabilité

 

Lorsque l’on gère son activité, les moments de creux ou de pic d’activité sont difficiles à gérer. Travailler son réseau en demandant des recommandations est un moyen d’équilibrer le rythme. « On n’y pense pas assez, mais lorsque l’on est dans une période intense de travail, on laisse tomber le réseau, la veille, ou la demande de recommandation, alors que c’est vraiment ce qui te sauve la vie lorsque tu n’as plus rien en vue », explique Christelle. Pour cette community manager, placer une case « reco » dans son planning l’a obligée à réorganiser son travail. « Tu penses que bosser à ton compte, c’est uniquement produire du contenu, alors que, lorsque tu t’astreins à respecter un temps pour parler à tes clients, demander des retours, et même une recommandation, c’est ça qui te fait avancer. Il ne faut pas oublier que quand tu bosses seule, l’unique moyen de progresser, c’est les retours de ton client. Donc autant en profiter, certes pour avoir plus de contrats, mais aussi pour sortir de sa zone de confort ».

 

Dépasser sa zone de confort

 

Demander une recommandation, c’est aussi dépasser la phase de fin de mission avec son client. C’est se poser, prendre du recul, et, surtout, oser demander ce qui a été… et ce qui n’a pas été. Un passage difficile mais nécessaire pour Nicolas. « Comme les missions sont arrivées assez vite dans ma carrière de freelance et sans que j’ai besoin de trop les chercher, c’est vrai qu’au début j’ai un peu pris la confiance, se souvient l’UX designer. Jusqu’au jour où je suis passé chez l’un de mes clients pour un rendu, et là, ils m’ont dit qu’ils étaient globalement satisfaits de la qualité de travail, mais qu’ils avaient trouvé que je mettais du temps à répondre aux mails et aussi… que j’avais souvent dépassé les délais de rendu. J’ai eu un déclic et je me suis dit que si vraiment je voulais passer un cap et travailler sur de plus gros projets avec eux, il allait falloir que j’évolue. Bon, j’avoue, après la discussion, je n’étais pas bien, mais ça m’a permis d’avancer. »

Pour Marie, architecte d’intérieur, demander une recommandation a été une véritable épreuve. « J’ai tendance à être timide, à ne pas aimer me mettre en avant. Lorsque j’ai fait pivoter mon activité vers l’archi d’intérieur plus que le merchandising, j’ai vraiment dû me faire violence. Mais je n’avais pas trop le choix, car les entreprises avec lesquelles je travaillais étaient à l’époque mon vivier le plus évident pour trouver des contrats. » Une démarche qui a été salutaire. Les retours d’expérience ont été positifs, et elle a réussi à dépasser son manque de confiance. Depuis, Marie n’hésite pas à la fin de chaque chantier à demander une recommandation.

 

Alimenter son site ou ses réseaux

 

Travailler en freelance : C’est aussi se vendre et faire parler de soi. De plus, demander une recommandation par écrit à ses clients, c’est aussi du contenu gratuit et facile à exploiter sur les réseaux. Marie par exemple, utilise les commentaires positifs de ses clients sur son site Internet. « Un bon moyen de donner confiance à ceux qui tombent sur mon site. » Nicolas quant à lui n’hésite pas à mettre régulièrement à jour son profil Linkedin en demandant des recommandations à ses anciens collègues ou ses clients. « C’est bête, mais si un nouveau client décide d’aller checker mes compétences, ils voient que je suis bien recommandé. »

Bref, ma recommandation, c’est pour quand ?

 

Merci d’avoir pris le temps de lire notre article !
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